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Il s'agit, dans une optique plus
globale, d'un système d'information complet dont la vocation consiste à
faciliter le pilotage de cette entité à tous les niveaux organiques et dans
toutes les fonctions qui la composent. Il s'efforce de réaliser une
synchronisation optimale des spécialités et des motivations en son sein à
travers la façon dont elle est gérée.
En définitive, le contrôle de gestion vise à réaliser une meilleure
articulation entre l'action et le programme de ladite entité, en substituant
à l'approche de moyens et de ressources celle de résultats.
· Homogénéiser l'action
C'est dans cet esprit que le contrôle de gestion est susceptible de
constituer l'instrument capable de favoriser l'homogénéisation des actions et
des réactions en vue d'atteindre, dans les conditions optimales, les
objectifs de ladite administration en tenant compte, non seulement de son
ambiance interne, mais aussi et surtout de l'environnement externe constitué
par les usagers, les prescripteurs et les professionnels de toutes natures.
Le contrôle de gestion est un système d'information qui poursuit au moins
deux objectifs:
• celui de favoriser l'action en permettant à chaque responsable de conduire
son unité de gestion; et
• celui d'instaurer et de maintenir le dialogue, en ouvrant à chaque
responsable la latitude de rendre compte de sa gestion au niveau supérieur.
Il faut, toutefois, noter que la conception actuelle du contrôle de gestion,
dans l'esprit des gens, est tout autre et ne correspond pas à son acception
originelle. En effet, dans le langage ordinaire, le contrôle de gestion prend
une connotation répressive et est, chemin faisant, perçu comme une nouvelle
forme d'inquisition dont il faut se méfier. On y voit «I'épée de Damoclès»
qui n'attend que la première opportunité pour tomber.
Le contrôle de gestion devrait être compris dans le sens qui en fait un
instrument capable d'assurer la maîtrise d'une situation et susceptible d'en
garantir la tenue en main par le biais d'une interaction permanente et
constante entre l'information et l'action.
Aussi, faudrait-il vulgariser le contenu de la mission du contrôle de gestion
en précisant, autant que possible, son véritable rôle par rapport aux
gestionnaires opérationnels, pour permettre à l'administration territoriale
de s'assurer que toutes ses énergies et ses ressources se mobilisent en
permanence vers les objectifs qu'elle s'est fixée, en aidant tous les
responsables à exercer le guidage de leur unité de gestion respective, en
utilisant des méthodes et des techniques appropriées pour accomplir cette mission.
· Les quatre phases
Le contenu technique du contrôle de gestion appliqué à l'administration
territoriale se déroule, en principe, sur quatre phases:
- En premier lieu, il s'agit de définir les objectifs par l'utilisation des
outils de planification et de budgétisation et d'arrêter un cadre logique,
qui constitue la base de départ après avoir fait le point de la situation au
moyen d'un diagnostic approfondi et objectif.
- En second lieu, il est nécessaire de pouvoir mesurer les réalisations et
les écarts par rapport aux objectifs en recourant à la comptabilité
budgétaire. Cela peut également être fait par ce que l'on appelle, en science
du management, la gestion par exception, qui consiste à définir, pour chaque
catégorie d'information, des seuils de tolérance qui déclencheront, de la
part du contrôleur de gestion, une investigation plus poussée pour analyser
les causes par le recours régulier et constant au tableau de bord.
Celui-ci constitue un instrument fiable pour la prise de bonnes décisions à
n'importe quel moment de l'exécution d'un programme, d'un projet ou d'une
opération.
- Ensuite, il faut analyser les écarts en vue d'en déterminer les causes tant
par le contrôleur de gestion que par les opérationnels. Cette étape est le
prolongement logique de la précédente.
- Dans une ultime étape et à la lumière de ce qui a été fait à travers les
trois phases précédentes, il y a lieu d'opérer le choix des actions
correctives utiles pour redresser la situation et résorber les erreurs du
passé. Cette étape constitue la synthèse qui est susceptible d'ouvrir de
nouvelles perspectives aux décideurs et à tous les détenteurs de pouvoirs:
quels qu'en soient le degré et la nature dans l'administration territoriale.
Ce pouvoir n'appartient en tout état de cause qu'aux opérationnels. Le
contrôleur de gestion aide à imaginer les décisions possibles, mais en aucun
cas, il n'a à décider.
Il peut toutefois se rendre utile en éclairant les opérationnels, en tant
qu'observateur avisé et impartial, dans la détermination et l'application des
objectifs assortis de leurs caractéristiques.
Les caractéristiques d'un objectif telles qu'elles sont perçues par le
contrôle de gestion peuvent être résumées dans les cinq impératifs suivants:
- un objectif correspond à une prévision volontaire: il vise, ipso facto, une
situation dans le futur qui nécessite une solution optimale en fournissant un
effort pour l'atteindre;
- il doit être précis, en d'autres termes, il est nécessaire qu'il soit
chiffré et mesurable; que son délai soit arrêté dans le temps, qu'il soit
possible et réalisable compte tenu des moyens disponibles;
- il doit, en outre, être négocié; d'où la notion de contrat-adhésion-
motivation destinée à concilier ambition et réalisme;
- il gagne également à être cohérent en s'efforçant à maximaliser en
l'optimalisant sa participation et sa contribution à l'achèvement de
l'objectif final.
Cette démarche porte, en elle, la dynamique qui canalise l'action vers
l'achèvement ou la finalisation des objectifs tracés à l'administration territoriale
dans le cadre de la politique générale de l'Etat.
- Il est, enfin, tout à fait indiqué qu'il puisse être contrôlable,
c'est-à-dire susceptible d'être mesuré en permanence afin de pouvoir opérer,
le cas échéant, d'éventuelles corrections, redressements, affinements, voire
transformations sectorielles, segmentaires ou intégrales.
Si un objectif répond à toutes ces caractéristiques, il ne saurait, alors,
qu'avoir des effets positifs et pertinents sur la façon dont les
opérationnels de la gestion territoriale, à tous les stades du management,
gèrent leurs affaires et sont capables, chemin faisant, de mener leur navire
à bon port.
Deux façons de
voir un objectif
Le contrôle de gestion a des acceptions différentes suivant que l'on se place
dans le contexte du système anglo-saxon ou dans celui du système
latino-européen, dont l'influence sur l'administration marocaine est très
forte. Il peut être défini, à notre sens, comme étant un processus, donc un
ensemble de procédés, mis en oeuvre dans une entité administrative locale,
entendue, au sens large, pour la mobilisation permanente des ressources de
tout genre, et des énergies de toutes natures en vue d'atteindre les
objectifs que cette entité s'est fixée.
En tout état de cause, le contrôle de gestion, en tant que système, met en
oeuvre et pratique des techniques qui lui permettent de se placer dans son
vrai contexte, celui d'appui, de soutien et d'aide aux opérationnels aussi
bien au niveau du sommet stratégique qu'à ceux des relais hiérarchiques et
des centres d'exécution.
· Gérer, c'est aussi réagir aux contradictions
Il faut rappeler que gérer une administration territoriale, c'est la conduire
vers un objectif global, en utilisant et en combinant au mieux les moyens
(matériel, financier, humain) dont elle dispose en fonction des opportunités
ou des problèmes qu'elle rencontre dans son environnement économique et
social lato sensu. La gestion d'une administration locale déconcentrée ou
décentralisée doit être conçue comme étant l'affaire de tous. Il est d'une
nécessité impérieuse qu'une solidarité permanente s'instaure entre tous ses
gestionnaires pour faire face, ensemble, aux diverses contradictions et aux
multiples oppositions de l'environnement local de cette administration.
Car il s'avère, en cette occurrence pleine de complexités, que gérer, c'est
résoudre des contradictions; c'est agir et réagir dans le sens de l'intérêt
de I'administration territoriale et, à travers lui, de l'intérêt général
national. Il s'agit, en d'autres termes, d'instaurer une harmonie d'ensemble,
une consonance parfaite parmi tous les acteurs qui commandent, peu ou prou,
la dynamique de cette administration en tant qu'entité économique et sociale.
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